Biographie

Gilles Leclerc a fait ses études classiques au séminaire de Nicolet, la ville dont il s'est toujours dit originaire bien qu'il soit né à Saint-Rosaire d'Arthabaska le 24 juin 1928. Il vécut à Montréal de 1952 à 1963, période autour de laquelle il travailla brièvement au journal Le Devoir, ainsi qu'au service des sports de Radio-Canada entre 1955 et 1962.

 

Entré en 1963 comme premier employé professionnel au premier Office de la langue française fondé en 1962 à Montréal par le ministre P.-É. Lapalme et dirigé par Jean-Marc Léger, il a été, avec feu Maurice Beaulieu, un pionnier de cet organisme qu'il ne parvenait plus à quitter après l'âge de la retraite, tant il avait été toute sa vie amoureux de sa langue maternelle.Gilles Leclerc est resté jusqu'à la fin un défenseur inconditionnel du français correct. Il avait fallu son esprit indépendant et visionnaire pour prévoir, au début de la décennie 70, l'importance que la néologie allait prendre, à partir de la fondation d'un secteur de ce nom à l'O.L.F. en décembre 1972, jusqu'à en venir à dominer les travaux terminologiques en raison de l'apparition des technologies de pointe.

 

Sa profonde connaissance de la langue anglaise ainsi que des racines grecques lui valut de créer, à partir de 1974, la longue série d'ouvrages Néologie en marche qui constitua une contribution majeure à la francophonie en Europe, Afrique et Amérique. Cette initiative fut suivie plus tard par dix pays, parmi lesquels la Russie, la France, l'Italie, l'Espagne et le Mexique.

 

En 1979, ce terminologue prolifique avait déjà traité, en français, plus de 700 termes anglo-américains puisés dans les publications les plus connues.

 

Gilles Leclerc participa à de nombreux colloques sur la linguistique et la terminologie et fit également partie de la commission s'occupant du premier réseau de collaboration avec la France, où il prit part à des missions.Parmi ses œuvres figurent, à partir de son premier recueil de poésie, La chair abolie, en 1956, du théâtre, des contes, des romans, ainsi que des textes dramatiques pour la radio de Radio-Canada.

 

À la fin de la décennie 70, Gilles Leclerc était membre du conseil d'administration régional de l'Union des écrivains québécois. Comme il était avant tout un essayiste, à la demande de la direction des études françaises de l'Université Laval, il fut chargé d'un cours sur l'essai en littérature québécoise en 1979.

 

Son livre marquant, Le journal d'un inquisiteur, publié en 1960 et réédité en 1974 aux Éditions du Jour, puis chez Lux en 2002, était, en effet, souvent traité par les étudiants lorsque ceux-ci se penchaient sur ce groupe de poètes et d'écrivains à la plume contestataire qui, à Montréal autour de Gaston Miron, avaient résisté à la noirceur de l'époque et servi, par leurs textes, de tremplin à la Révolution tranquille.

 

En 2008, les éditions De Courberon publient le journal de Gilles Leclerc sous le titre de Miniatures. Carnets d'un inquisiteur. Le projet compte trois tomes. Le second tome a été publié en 2009 et le troisième tome sera publié en 2014.